Le lundi 21 septembre, à 19h32, une ligne à haute tension s’est détachée d’un pylône à Bartley Green, dans le sud de Birmingham. En quelques secondes, environ 80 000 foyers et entreprises ont été privés d’électricité. Le Queen Elizabeth Hospital Birmingham (QEHB) a également été touché.

Le QE est l’un des plus grands hôpitaux sur un site unique au Royaume-Uni, avec plus de 1 200 lits. Il fait office de centre régional de traumatologie (Major Trauma Centre) et abrite ce qui est considéré comme la plus grande unité de soins intensifs de plain-pied au monde. En somme, une alimentation électrique ininterrompue y est cruciale.

National Grid Electricity Distribution a indiqué que la majorité des sites concernés ont retrouvé le courant en moins de cinq minutes, et que l’alimentation a été rétablie partout avant 19h50. Au sein de l’hôpital, les répercussions ont duré plus longtemps. Selon une déclaration transmise au journal *Birmingham Mail* par l’organisme de gestion hospitalière (le « trust »), un « bref incident interne » a été constaté. Le fonctionnement des laboratoires, des scanners et des systèmes de réfrigération a été perturbé, et certains patients arrivant à l’hôpital ont été temporairement orientés vers d’autres établissements. L’électricité a été entièrement rétablie à 21h03, et la procédure d’urgence a été levée à 22h00.

Point essentiel, le « trust » a précisé : « les respirateurs n’ont pas été affectés. »

Conçu pour maintenir les systèmes critiques en fonctionnement

Le fait que les respirateurs n’aient pas été affectés ne relève pas du simple « coup de chance ». Lors de la construction de l’hôpital, le système d’alimentation de secours a été conçu pour garantir le maintien des équipements les plus critiques en cas de défaillance du réseau électrique principal.

Selon Finning, le distributeur Caterpillar ayant réalisé le projet en collaboration avec Balfour Beatty Engineering Services, l’objectif était d’assurer une alimentation ininterrompue en cas de coupure du réseau. Le résultat est un système d’alimentation de secours de 12 MVA, composé de dix groupes électrogènes diesel Caterpillar, d’un réseau haute tension en double boucle doté de dix sous-stations, d’une redondance de type « N+1 » et d’un système de gestion automatique de la charge, conçu pour prioriser l’alimentation des services les plus critiques. L’établissement hospitalier n’a pas publié de rapport détaillé, mais les informations communiquées suggèrent que le système de secours a rempli sa fonction : protéger les équipements dont dépend la vie des patients, tout en permettant aux systèmes moins critiques d’être mis en attente.

Les conséquences auraient pu être bien plus graves.

Si la puissance de secours n’avait pas été correctement dimensionnée, ou si les groupes électrogènes n’avaient pas démarré, la situation aurait pu prendre une tournure très différente.

Ce type d’incident s’est déjà produit. Lors de la panne de courant généralisée au Royaume-Uni en août 2019, un groupe électrogène de secours a fait défaut à l’hôpital d’Ipswich. En 2024, l’hôpital d’East Surrey a déclaré un « incident critique » après qu’une coupure de courant a affecté ses unités de soins intensifs et de soins continus. Dans le pire des cas, lors de la panne d’électricité nationale au Venezuela en 2019, 26 décès ont été signalés dans des hôpitaux, impliquant notamment des patients sous respirateur ou en dialyse, ainsi que des nourrissons placés en couveuse.

Dans un hôpital doté d’une unité de soins critiques de 100 lits et d’un centre de traumatologie majeur, quelques minutes seulement sans alimentation électrique pour les systèmes de maintien en vie peuvent mettre des vies en danger.

L’installation de groupes électrogènes ne suffit pas.

Un groupe électrogène de secours ne protège les patients que s’il fonctionne au moment opportun, après être resté parfois des mois, voire des années, à l’arrêt. Les groupes électrogènes diesel qui fonctionnent à faible charge, ou qui ne sont démarrés que pour de brèves vérifications de routine, peuvent développer des problèmes qui ne se manifestent que lorsqu’ils sont soumis à une charge réelle. Il peut s’agir, par exemple, d’une accumulation de carburant imbrûlé et de dépôts de carbone dans le moteur et le système d’échappement (phénomène appelé « encrassement par faible charge » ou *wet stacking*), de problèmes de refroidissement ou de défaillances du système électrique.

C’est pourquoi les tests sur banc de charge sont essentiels. Un banc de charge applique une charge électrique artificielle au groupe électrogène, simulant ainsi les conditions réelles d’une panne. Ce test permet de vérifier que les systèmes de carburant, d’échappement, de refroidissement et électriques fonctionnent correctement sous contrainte. Des spécialistes, tels que Crestchic Loadbanks, recommandent d’effectuer ces tests au moins une fois par an, à l’aide de bancs de charge résistifs-réactifs avec un facteur de puissance de 0,8. Contrairement aux tests plus simples, purement résistifs, ces essais permettent d’évaluer la manière dont le système réagit aux chutes de tension et aux variations de charge. Cela revêt une importance capitale lorsque plusieurs groupes électrogènes fonctionnent de concert, comme c’est le cas au QE ; en effet, la défaillance d’une unité peut entraîner le dépassement des limites des autres, provoquant ainsi leur arrêt en cascade.

Les directives du NHS relatives aux systèmes électriques hospitaliers (HTM 06-01) prévoient des essais réguliers des groupes électrogènes de secours en condition de charge. La pratique courante dans le secteur consiste à effectuer des tests de fonctionnement mensuels, complétés par des essais sur banc de charge à pleine puissance au moins une fois par an.

La leçon de Bartley Green

Lundi, la coupure de courant n’a duré que quelques minutes dans la majeure partie de Birmingham. Au QE, des examens d’imagerie ont été retardés, des analyses de laboratoire interrompues et certains patients ont dû être réorientés. Des perturbations ont eu lieu. Il est indéniable que la situation a été préjudiciable pour les patients qui attendaient des résultats d’examens ou cherchaient à accéder à des soins. Toutefois, la situation est restée maîtrisable : les équipements vitaux ont continué de fonctionner.

Compte tenu du vieillissement du réseau électrique et de la demande croissante en électricité, la question qui se pose à toute équipe chargée des infrastructures hospitalières est simple : en cas de coupure de courant ce soir, quelle est votre certitude que vos groupes électrogènes seraient capables de supporter la charge ?